Centres d'énergie

Les sept chakras, et cinq de plus

Une roue est un lieu où les canaux se croisent et où l'attention se rassemble. Sept d'entre elles sont universellement enseignées. Cinq autres apparaissent dans les sources sanskrites anciennes, y sont décrites avec soin, puis disparaissent de la plupart des répertoires modernes.

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centres principaux
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centres secondaires
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la liste est fixée

Les centres

De bas en haut, selon l'ordre établi par chaque texte et chaque pratique.

Les sept centres principaux

De la base de la colonne vertébrale jusqu'au sommet du crâne.

Centres secondaires

Mentionnés dans les sources anciennes, absents de la plupart des listes modernes.

La nature d'un centre

Chacun d'eux est un point le long de l'axe corporel où la pratique se concentre. Les textes médiévaux les décrivent sous la forme de lotus : un nombre précis de pétales, chaque pétale portant une lettre sanskrite, une syllabe germe au centre, un élément, un animal, une divinité tutélaire. Rien de tout cela n'est décoratif. Le compte des pétales permet au pratiquant de savoir à quel centre il se situe, et les lettres confèrent au chant sa structure.

Sept est le nombre que tout le monde retient. Six est celui que donnent généralement les textes, sahasrara étant compté à part car il se situe hors de la série plutôt qu'à son sommet. Cette distinction demeure dans la formulation de la plupart des sources sanskrites : shat-chakra, les six roues, plus le lotus aux mille pétales au-dessus.

Correspondances anciennes et modernes

La séquence des éléments est constante à travers les sources : terre, eau, feu, air, espace, puis deux centres au-delà des éléments. Il en va de même pour le décompte des pétales, qui totalise cinquante sur les six centres inférieurs, soit un par lettre de l'alphabet sanskrit. Les sons germes LAM, VAM, RAM, YAM et HAM sont tout aussi constants.

Les couleurs appellent à la vigilance, car les textes décrivent deux réalités distinctes et les listes modernes en introduisent une troisième. Le yantra de chaque centre, la figure géométrique qui porte l'élément, possède une couleur fixe : un carré jaune pour la terre, un croissant blanc pour l'eau, un triangle rouge pour le feu, un hexagramme fumé pour l'air, un cercle blanc pour l'espace. Les pétales, eux, sont colorés séparément et différemment : cramoisi à la racine, vermillon au niveau sacré, bleu-noir d'un nuage d'orage au nombril, vermillon à nouveau au cœur, violet fumé à la gorge, blanc entre les sourcils.

L'arc-en-ciel ne correspond à aucun de ces deux modèles. L'assemblage rouge, orange, jaune, vert, bleu ciel, indigo et violet a été conçu au XXe siècle en faisant correspondre sept centres à sept bandes spectrales. Il s'est imposé parce qu'il est facile à retenir et simple à dessiner. L'association avec les glandes endocrines a suivi le même chemin, issue du livre de Leadbeater publié en 1927 et de ses lecteurs.

Ces trois niveaux sont présentés sur chaque fiche, chacun identifié pour ce qu'il est.

Une pluralité de systèmes

Christopher Wallis et d'autres spécialistes des sources tantriques soulignent un point essentiel : dans les textes, ces centres sont prescriptifs plutôt que descriptifs. Il ne s'agit pas d'organes attendant d'être découverts ou débloqués, mais de modèles pour la pratique, de lieux où une syllabe est installée, une divinité visualisée, l'attention fixée. C'est pourquoi différentes lignées prescrivent des nombres variables (quatre, cinq, six, neuf, douze ou vingt-et-un) sans qu'aucune ne soit dans l'erreur. Le nombre dépend de la pratique.

Le tantrisme bouddhique conserve l'idée tout en modifiant presque chaque détail. Le Vajrayana tibétain travaille avec cinq roues plutôt que sept, avec leurs propres nombres de pétales (trente-deux au sommet de la tête, seize à la gorge, huit au cœur, soixante-quatre au nombril, trente-deux à la base), un canal central nommé avadhuti plutôt que sushumna, et le cœur plutôt que la tête comme siège de l'esprit. La pratique du feu intérieur, le tummo, au niveau de la roue du nombril, constitue le moteur des Six Yogas de Naropa.

La tradition des Nathas propose encore un axe différent. Le Siddha Siddhanta Paddhati de Gorakhnath énumère seize adharas, des points d'appui physiques allant des gros orteils et des chevilles jusqu'au périnée, au nombril et au palais, utilisés pour l'ancrage et la concentration localisée. Les adharas sont des ancres ; les chakras sont des roues. La distinction entre les deux compte parmi les démarcations les plus nettes de la littérature ancienne.

Les cinq centres écartés de la liste usuelle

Bindu, hrit, lalana, manas et soma ne sont pas obscurs. Ils figurent dans la Hatha Yoga Pradipika, la Shiva Samhita et leurs commentaires, et des pratiques précises reposent sur eux : khechari mudra vise à atteindre lalana, et la dévotion de la bhakti s'établit à hrit. S'ils ont disparu de l'enseignement grand public, c'est parce que sept est un chiffre commode et parce que la synthèse théosophique qui a fait connaître les chakras en Occident reposait sur un schéma à sept centres.

Leur présence ici s'impose : une carte qui ne retient que les voies les plus célèbres ne rend pas justice au territoire.

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