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Lagu

eau, mer, crue

Un milieu dans lequel on s'est engagé et qu'on ne peut pas diriger

Sound
l /l/
Position
21
Group
L'ætt de Tir
Descended from
Vieux Futhark Laguz (*laguz)
Unicode
U+16DA
Temporalité
La durée de la traversée
Oui / Non
Oui, si vous parvenez à tenir bon

À l'endroit

  • la mer
  • l'eau
  • une traversée
  • perte de contrôle
  • peur
  • profondeur
  • ce qui porte et menace
  • engagement

In the rune poems

Lagu byþ leodum langsum geþuht, gif hi sculun neþan on nacan tealtum and hi sæyþa swyþe bregaþ and se brimhengest bridles ne gymeð.

L'océan semble interminable aux hommes s'ils doivent s'aventurer sur une barque instable, que les vagues marines les effraient vivement et que le coursier des mers n'écoute pas sa bride.

Poème runique en vieil anglais · Lagu

Across the scripts

ᛚ

Laguz

Vieux Futhark

L'ancêtre, reconstruit sous la forme *laguz. Une hypothèse concurrente, *laukaz (poireau), s'appuie sur la formule magique relevée sur les bractéates.

ᛚ

Lǫgr

Futhark récent

La Scandinavie décrit l'eau dont elle disposait : un torrent tombant d'une montagne en Norvège, une eau bouillonnante et un vaste geyser en Islande.

ᛚ

Lagu

Futhorc anglo-saxon

L'Angleterre a décrit la pleine mer du point de vue d'un passager plutôt que d'un marin.

Écrite depuis l'effroi

C'est l'unique strophe du poème runique en vieil anglais dont chaque proposition évoque la peur, avec un angle particulièrement saisissant.

L'océan paraît langsum (interminable ou pénible) leodum, aux hommes. La condition est gif hi sculun neþan : s'ils doivent s'aventurer, ce qui fait du voyage une contrainte plutôt qu'un choix. La barque est tealt, instable et roulante. Les vagues swyþe bregaþ, les terrifient lourdement.

Puis vient le dernier vers, sur lequel il faut s'arrêter : se brimhengest bridles ne gymeð, le coursier des mers n'écoute pas sa bride.

Ce n'est pas la strophe d'un marin. Un marin sait qu'un navire ne se conduit pas comme un cheval. Elle est écrite du point de vue de quelqu'un qu'on a fait monter à bord et qui découvre que le véhicule qui le transporte n'obéit au contrôle de personne.

Il suffit de la comparer à Sigel, cinq positions plus tôt, qui décrit les marins utilisant le soleil pour naviguer et toucher terre. Le poème accueille à la fois l'équipage et les passagers.

Le coursier qui refuse le mors

Brimhengest (coursier des mers) est un kenning vieil-anglais classique pour désigner un navire. Le poème a déjà mobilisé le cheval à deux reprises : sous Rad et sous Eh, où l'animal est un compagnon de labeur et un réconfort.

Ainsi, lorsque cette strophe convoque un cheval qui refuse la bride, elle brise délibérément une image établie par le poème lui-même. Eh est un cheval avec lequel on a un pacte. Le brimhengest est un coursier qui n'en a aucun.

Les Anglo-Saxons possédaient un riche lexique de kennings pour les bateaux (cheval des vagues, bois de la mer, au cou d'écume), et les élégies y recourent sans cesse. Le Navigateur (The Seafarer) est un poème entier dans ce registre, décrivant la mer comme une épreuve subie plutôt que traversée (le froid, la faim et les cris des fous de Bassan à la place des rires humains).

Eau ou poireau

La reconstruction habituelle du nom primitif est laguz (eau), et le vieil anglais lagu désigne la mer ou l'inondation. Les trois traditions de poèmes runiques décrivent l'eau, ce qui constitue le meilleur indice disponible pour le Vieux Futhark.

Une reconstruction concurrente avance laukaz (poireau). Elle n'est pas arbitraire : laukaz est l'un des mots de charme récurrents du corpus du Vieux Futhark, gravé sur des bractéates et de petits objets aux côtés d'alu et auja, parfois abrégé, et le poireau tenait une place réelle dans les représentations germaniques de la guérison et de la vigueur.

La lecture par l'eau a pour elle les poèmes ; la lecture par le poireau s'appuie sur les inscriptions. Elles ne s'excluent pas, la rune ayant pu porter sa valeur phonétique tandis que la formule laukaz assurait un rôle distinct. C'est la position la plus solide. La pratique contemporaine repose entièrement sur l'eau, et ces strophes la justifient.

Dans le tirage

Lagu désigne un milieu dans lequel on s'est engagé et qu'on ne peut pas gouverner.

La strophe anglaise lui donne une tonalité plus abrupte que les versions scandinaves. La Norvège décrit une cascade, l'Islande un geyser : deux forces dynamiques, sans la moindre trace d'effroi. L'Angleterre dépeint une personne sur une barque découvrant que l'embarcation est ingouvernable.

Lue à travers cette tradition, Lagu marque des situations qui échappent véritablement aux mains du consultant : non pas bloquées (qui relève d'Is) ni entravées (qui relève de Nyd), mais lancées et impossibles à barrer. L'engagement est déjà pris. La bonne question n'est pas de savoir comment reprendre le contrôle, mais si l'on a la force de tenir bon.

Les traversées en sont la lecture littérale et souvent exacte : un passage entre deux états séparés par la haute mer.

Les interprétations liées à l'intuition et à l'inconscient que la pratique moderne attribue à cette rune datent du XXe siècle, issues de Jung et de l'occultisme d'après-guerre. Elles découlent naturellement d'un élément dissimulant des remous sous sa surface, mais aucun poème runique historique ne dit pareille chose.

Questions to sit with

  • Dans quoi vous êtes-vous déjà engagé que vous ne pouvez plus diriger aujourd'hui ?
  • La situation est-elle bloquée, entravée ou lancée dans une direction non choisie ? Chacun de ces états réclame une réponse distincte.
  • Les passagers ont peur et l'équipage gouverne. Lequel êtes-vous ici ?

Foire aux questions

L'eau, et plus précisément la haute mer. En vieil anglais, lagu signifie mer ou crue. La strophe décrit un océan perçu comme sans fin par ceux qui doivent s'embarquer sur un navire roulant, effrayés par les vagues et par un coursier des mers indifférent à sa bride.

Parce qu'elle est rédigée du point de vue du passager et non du marin. Un marin sait qu'un bateau ne se manie pas comme un cheval. C'est le cri de quelqu'un mis à bord qui réalise que ce qui le porte n'est sous le contrôle de personne. Sigel, cinq runes plus tôt, expose au contraire la vision des marins.

Brimhengest, un kenning vieil-anglais traditionnel pour désigner un navire. Il est crucial ici car le poème a déjà employé le cheval (sous Rad et Eh), où la bête est un allié et un appui. Cette strophe rompt l'image : le coursier des mers est un cheval avec lequel on n'a aucune entente.

Laukaz (poireau) est une hypothèse concurrente solide pour le nom ancien. C'est l'un des mots de protection fréquents sur les bractéates aux côtés d'alu et auja. La lecture par l'eau s'appuie sur les trois poèmes runiques, celle du poireau sur l'épigraphie. Les deux peuvent coexister si la rune gardait son son tandis que la formule agissait séparément.

Cette signification est née au XXe siècle sous l'influence de Jung et de l'ésotérisme moderne. Elle s'inspire logiquement des profondeurs de l'eau, mais aucun des trois poèmes runiques n'évoque cela. Ils décrivent une mer redoutable, une cascade et un geyser.

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